Publications du Centre Mersenne - Journal de l’École polytechnique

Vie des labos

Infrastructure publique d’édition au service de la communauté mise en œuvre par Mathdoc1, le Centre Mersenne offre l’accès aux lecteurs et lectrices à 21 journaux dont 14 en mathématiques (cf revues membres) que vous pouvez lire sans frais et dans lesquels, toujours sans frais, vous pouvez publier vos meilleurs travaux.

Le Centre Mersenne a demandé à ces journaux de se présenter et nous publions ces présentations.

  • 1. Unité d’appui et de recherche 5638 (CNRS et Université Grenoble Alpes)

Journal de l’École polytechnique

Le Journal de l’École polytechnique - Mathématiques (JEP) publie, en français ou en anglais, des articles de recherche originaux en mathématiques. Le JEP ambitionne un niveau comparable à celui des meilleures revues internationales dans tous les domaines des mathématiques fondamentales et appliquées.

La renaissance du Journal de l'École polytechnique - Mathématiques en 2014 a été motivée par le besoin de dynamiser une alternative à la publication commerciale dont l'augmentation exagérée des tarifs a exaspéré les communautés scientifiques, notamment pendant l'année 2012. Le modèle économique d'une publication mathématique financée par des institutions académiques et, de ce fait, d'accès ouvert et sans frais de publication pour les auteurs, a semblé accessible pour plusieurs raisons :

  • la résistance des mathématiciennes et mathématiciens aux publications purement électroniques, encore forte au début des années 2000, avait nettement baissé vers 2010 ;
  • des structures académiques étaient prêtes à soutenir techniquement le projet, à savoir Mathdoc et Mathrice ;
  • l'encouragement de l'Insmi et le soutien de l'École polytechnique pour aller de l'avant pouvaient permettre l'utilisation des moyens humains nécessaires.

En janvier 2013, Robert Rosebrugh écrivait dans les Notices de l'AMS : "Let's just do it". Donc, "we did it". La transformation ultérieure du programme Cedram (Centre de diffusion de revues académiques mathématiques) de Mathdoc en Centre Mersenne pour l'édition scientifique ouverte et le développement de nouvelles revues électroniques (par exemple les Annales Henri Lebesgue ou l'épi-journal de géométrie algébrique) ont montré le bien fondé et la viabilité de cette stratégie.

Pour faire justice à son ancêtre, le JEP publie un spectre très large de mathématiques et tente de relever le défi de faire coexister dans une même publication des communautés aux pratiques différentes. Il apparaît que les EDP (MSC 35) et la géométrie algébrique (MSC 14 et 32) occupent une place importante, mais l'ensemble des thématiques de la Mathematics Subject Classification est assez bien représenté : aux extrémités du spectre, des articles reliés à la biologie, à la théorie de l'information et à la géophysique, par exemple, coexistent avec des articles de logique, d'algèbre et de combinatoire ; la mécanique (mécanique statistique, mécanique des particules, des fluides, des milieux déformables), le calcul des variations, les probabilités et statistiques sont présents aux côtés de la théorie des nombres la théorie des groupes et la géométrie différentielle.

Si beaucoup de soumissions, les premières années, arrivaient avec le but explicite de soutien à ce nouveau journal, ce sont la qualité de son processus éditorial et sa réputation qui prennent désormais le pas : ceci se mesure notamment par l'internationalisation de l'origine des auteurs. Les articles publiés peuvent être longs, voire dépasser la centaine de pages : ce sont la qualité et l'originalité de leur contenu qui sont évaluées, pas leur adéquation à un modèle pré-établi. L'augmentation du nombre de soumissions ainsi que celle du nombre de pages publiées annuellement vont de pair avec une sévérité plus grande dans la sélection.

Trois rédacteurs et rédactrice en chef s'appuient sur une trentaine de rédacteurs et rédactrices ainsi que sur une secrétaire de rédaction et un directeur technique. L'ambition étant d'être un journal sélectif, un ou deux avis rapides sont demandés avant une possible évaluation plus poussée, afin de raccourcir le délai avant un potentiel refus. La durée du processus d'évaluation des soumissions peut alors être assez longue. Les décisions finales sont prises collectivement, de manière très argumentée, par la rédaction en chef. Si l'équipe éditoriale fait le maximum pour garder des délais d'évaluation raisonnables, elle prend soin, lorsque c'est possible, d'avertir les auteurs et autrices des retards éventuels. En contrepartie, la publication des articles acceptés se fait très rapidement (une à deux semaines en général) après l'envoi des sources. Le moissonnage par les bases MathSciNet et zbMATH Open étant très régulier, les articles sont référencés dans ces bases entre un et deux mois après leur acceptation. Le journal ne pratique donc pas le online first qui fausse la date de publication des articles. Cette attention aux auteurs et autrices est appréciée et il n’est pas rare que la revue reçoive des messages tels que « Je voulais vous dire que le traitement de mon article qui est paru récemment dans votre journal a été extraordinaire. Non seulement le choix du referee était excellent mais aussi la correction des épreuves était un plaisir. Et le résultat final est très satisfaisant. »

JEP