Sur les représentations modulaires en caractéristique p de GL2(K)
Soit n un entier supérieur ou égal à 2, le programme de Langlands pour le groupe GLn relie représentations de dimension n de groupes de Galois et représentations de dimension infinie de GLn. Pour les besoins de l’arithmétique, on est amené à considérer toutes ces représentations sur des espaces vectoriels sur un corps de caractéristique p pour p un nombre premier arbitraire. Côté GLn, cela amène au problème suivant : comprendre et construire les - ou des - représentations en caractéristique p de GLn(K) où K est une extension finie du corps des nombres p-adiques Qp (pour le même nombre premier p!), et plus particulièrement celles de ces représentations qui apparaissent dans des espaces de cohomologie (ce sont les plus importantes).
Le cas où n = 2 et K = Qp, c’est-à-dire celui du groupe GL2(Qp), a été résolu entre les années 2000 et 2010. À la grande surprise des experts, et contrairement à ce qui se passe pour le programme de Langlands sur des corps de caractéristique différente de p, le cas de GL2(K) pour K ≠ Qp s’est révélé beaucoup plus dur que pour K = Qp. À tel point que, depuis plus de 20 ans, il n’est toujours pas résolu, et les représentations de GL2(K) en caractéristique p sont toujours largement mystérieuses.
Dans un article récent
Ce court article présente un survol de l’histoire de ce problème, des difficultés rencontrées, et des résultats récents ci-dessus.
Les auteurs
Christophe Breuil est directeur de recherche CNRS au Laboratoire de mathématiques d’Orsay (CNRS/Université Paris Saclay).
Stefano Morra est membre du Laboratoire Analyse, Géométrie et Applications (CNRS/Université Sorbonne Paris-Nord), professeur à l’université Paris VIII-Vincennes-Saint-Denis et membre de l’IUF.
Benjamin Schraen est membre de l'Institut Camille Jordan (CNRS/Ecole centrale de Lyon/Insa Lyon/Université Claude Bernard/Université Jean Monnet), professeur à l’université de Lyon et membre de l’IUF.